petite histoire de tarfaya

Casa Del MarTarfaya ou la ville du Départ ou encore la ville de l'aéropostale fut occupée en 1882 par les Anglais. Ils y construisent un comptoir commercial baptisé"Casa Del Mar", qui se trouve actuellement en état de délabrement. Les tribus sahraouies ont alors sollicité l'intervention du Sultan Hassan I qui négociera leur départ vers l'année 1885 en leur rachetant cette agence commerciale.

Les Espagnols arrivèrent par la suite en 1916 et occupèrent tout le Sahara marocain dont Tarfaya/Cap Juby qu'ils n'évacuèrent qu'en 1958. Pendant cette période d'occupation, ils ont pu y construire un fort, de 7 mètres de hauteur avec 4 centres de gardes et 3 principaux portails, deux hangars pour l'aviation militaire espagnole et un magasin de stockage de ravitaillements et d'aliments nommé "El cotchina" (1928). A partir de 1930, Cap Juby sert d'escale aux lignes aériennes espagnoles desservant les Canaries puis en 1934 à la Lufthansa pour sa ligne vers l'Amérique du sud.
Pendant l'occupation espagnole, les habitants ont organisé une lutte armée, avec l'aide de militants du Nord du Maroc, et ont réclamé leur indépendance.

 

 

L'aventure de l'aeropostale

Avion miniature à la plage de TarfayaAu cours de l'année 1927, la grande aventure de l'Aéropostale, cette société de transport de Toulouse dont le fondateur, l'industriel Pierre Georges Latécoère, croyait fermement à l'avenir de l'aviation en tant que moyen de transport commercial et de communication entre les hommes. Il engagea, pour mettre en place un réseau de "lignes aériennes", un pilote de guerre, Didier Daurat, personnage intransigeant mais juste qui parvint à pousser les hommes aux limites de leurs possibilités. L'aviation était encore une activité nouvelle et un peu mystérieuse, pour ne pas dire mythique. Elle attirait ainsi des hommes jeunes et plein d'ambition, débutant pour la plupart et prêts à conquérir le monde entier en vivant intensément.

C'est Daurat qui allait leur en donner l'occasion tant espérée, avec la création de "la ligne"; ce fut la première compagnie ( le terme est bien ambitieux ) aérienne en Europe. P.G. Latécoère et Daurat décidèrent donc de mettre en place des vols réguliers entre la France, l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, et plus tard vers l'Amérique du Sud. Le but était d'acheminer le courrier postal en quelques jours ou quelques heures, au lieu de plusieurs semaines, comme c'était alors le cas. Après la première reconnaissance de Latécoère, puis Daurat, de nouveaux pilotes furent chargés de "défricher" le parcours.

 

Pierre-Georges LatécoèreDidier DauratJean Mermoz

Pierre-Georges Latécoère Didier Daurat Jean Mermoz

 

Les pilliers de l'aeropostale

Antoine de Saint-ExupéryEt ce fut l'arrivée de pilotes comme: Laurent Guerrero, Emile Lécrivain, Reine, Serre et surtout Guillaumet, Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry. Ils débutèrent d'abord, selon la technique de Daurat, au nettoyage et démontage des avions dans les hangars, et prirent ensuite la voie des airs pour rejoindre les premières escales et points de ravitaillement mis en place. Ce furent successivement: Barcelone, Alicante, Malaga, puis la grande aventure du Maroc commença: Tanger, Casablanca, Agadir, Sidi Ifni, Cap Juby (Tarfaya), Villa Cisneros (Dakhla) avant de passer en Mauritanie et au Sénégal.
Dès lors que la ligne parvint au Maroc, ce fut une autre aventure, un autre monde qui commença. En effet, après l'escale de Casablanca, dernière grande ville avant le désert pour ces hommes, ces frêles avions volant trop bas, trop lentement, avec des moteurs peu fiables étaient livrés en pâture au Sahara et à ses pièges. Il était bien improbable qu'un moteur tienne de 200 km en vol sans un raté ou une panne qui l'obligeait à se poser dans le désert.

En octobre 1927, Antoine de Saint-Exupéry fut nommé par Didier Daurat "chef d'aéroplace" à Cap Juby/Tarfaya. Il y restera 18 mois. Ce titre désigne le poste de chef de relais sur la trajectoire du courrier, chargé de l'accueil des pilotes, de la maintenance des avions, et même parfois du sauvetage de ceux dont les moteurs avaient rendu l'âme avant l'escale.

C'est bien donc à Cap Juby/Tarfaya, dans ce désert immense, avec comme seuls habitants, à cette époque, des tribus maures sillonnant ces régions, que notre pilote écrivain devient au fur et à mesure plus écrivain que bon pilote.

A Cap Juby, entre l'océan et le désert, Saint-Exupéry pense à toutes ces choses nées du désert. Il découvre aussi que l'approche et la compréhension de cette immensité de sable procédaient de la même démarche que celle de la mer. La solitude des grands espaces durs et impitoyables, seule remet l'homme à sa juste place dans la nature, alors que les villes immenses et bétonnées lui donnent l'illusion d'être le maître du monde, d'avoir réussi à dompter les éléments. Aujourd'hui, Tarfaya rend hommage à ce grand homme par un petit musée où sont exposés ses écrits et où est narrée sa vie et son parcours de pilote et d'écrivain.

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